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Villes silencieuses - 3D virtual exhibition by Galerie Artismagna

Villes silencieuses

Fri, 04/24/2020 to Sun, 05/10/2020

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La photographie nous mène vers un univers que l'on croit volontiers réel.Il est donc tout à fait paradoxal de vous présenter cette exposition dans un espace totalement virtuel, adapté aux circonstances du temps. Consacrer un travail photographique à la ville, ce n’est pas seulement photographier l’architecture ou traiter d’un propos social. C’est aussi, dans le cas des quatre artistes présentés, un travail narratif. Un travail entre “réel”, et “fiction”.

Le « Diary » de Cliff Chan a quelque chose de cinématographique. Il y a un mouvement, un traveling subtil, qui anime chaque cliché. Ainsi, l’instant n’est pas tout à fait figé et l’obturateur laisse le temps à « une histoire » de se prolonger un peu. Elle est mélancolique, un rien désinvolte et très intime. L’âme et l’ambiance passent ici par une technique parfaitement maîtrisée. Le film argentique donne le velours et la douceur de la scène, gardant toutefois une “touche” bien contemporaine. Et si l’on ne saura que peu de choses sur les « faits », il reste à admirer le travail d’un excellent coloriste, comme on pourrait dire d’un peintre

Et cela vaut aussi pour les œuvres de Nicholas Simenon. Le cadrage, le travail sur la lumière et sur une forme d’abstraction de la représentation, apporte le « dramatique » propre à un tableau, d’une scène dont il convient de renforcer la singularité. Une silhouette s’échappe, prise dans une lumière qui tombe comme une lame tranchante. Elle fuit dans une contorsion dont nous ne connaissons pas l’issue. Il y a quelque chose qui nous ramène à des compositions anciennes. Le noir et blanc est pourtant intemporel, sans géographie. Le mur qui tient lieu de décor, évoque celui d’un film noir.

Le travail de Jérémie Louvaert est d’une troublante proximité. Mais il a sa propre originalité, une fausse candeur, une atmosphère adoucie par la couleur. Le photographe l’utilise à la façon de Saul Leiter, pour souligner ce qui doit captiver sans détour le regard. Il n’y a rien d’ornemental dans ces photos où chaque chose a sa place et son sens. C’est ce qui procure la justesse et la force de clichés. A l’image suffit le silence.

Ce silence des villes est devenu un sujet de notre quotidien, au moment où j’écris ces lignes. Mais cela ne serait qu’une anecdote si la vision des “villes silencieuses” n’était pas commune aux quatre photographes. Commune, mais qui coïncide de manière fortuite, puisque les artistes ne se connaissent pas. Rémy Lidereau apporte ainsi un regard qui scrute l’architecture des villes comme si elle n’en était que la seule incarnation. Sans figure humaine, ce sont les bâtiments, leurs structures, leurs matériaux et couleurs qui font la ville. Ils ne sont plus seulement le décor, ils en sont davantage les acteurs.

L’équipe de la Galerie Artismagna vous souhaite le vif plaisir d'une sortie sans "attestation", à admirer tant que vous le souhaitez ces images, qui ne sont pas de simples clichés.

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